53e édition du festival de Berlin.
Michael Winterbottom arrache la plus haute distinction en filmant le périple de deux Iraniens, Jamal et Enayatullah, qui traversent l’Iran, la Turquie, l’Italie et la France pour l’éden des jeunes.
La 53e édition du Festival international du film de Berlin, placée sous le signe de la tolérance, a commencé avec une ambiance festive grandiose. Celle-ci, qui s’est déroulée dans un air de deuil sensible après la disparition subite de Daniel Toscan du Plantier, a été clôturée hier avec une note d’espoir.
L’Ours d’or, la plus haute distinction du festival, a été discerné à Dans ce Monde, du Britannique Michael qui a filmé le voyage. En outre, deux autres prix lui ont été attribués : le prix de la paix et le prix œcuménique. Le choix du jury, présidé par le Canadien Atom Egoyan, souligne, si besoin est, que le cinéma ne peut se limiter aux gros budgets et à quelques prouesses techniques ou trouvailles esthétiques dont les films américains, présents à la Berlinale, en ont fait une remarquable démonstration. Au contraire, il est un art qui permet une meilleure compréhension du monde et un outil qui contribue à la prise de conscience en montrant les problèmes humains. Le film primé a été tourné avec une caméra numérique, mais il a su toucher le cœur aussi bien du jury que des festivaliers par son réalisme poignant et surtout par son humanisme. Les propos Michael Winterbottom, aussi réalisateur de Welcome to Sarajevo, vont dans ce sens : “J’espère que pendant 1h30, les spectateurs réfléchiront et manifesteront un peu plus de compréhension.”
Cette optique s’aligne sur la vision de la capitale allemande qui refuse aussi bien le muraillement que la logique guerrière des Américains et sur la conception que la Berlinale se fait du cinéma. Cette année, le thème de l’immigration, de la violence et des maux qui rongent notre monde actuel ont eu une place privilégiée sur les écrans berlinois. “Un festival de cinéma, ce n’est pas seulement du champagne et des bisous”, a affirmé le directeur de la Berlinale, Dieter Kosslick. Sagissant des autres prix, la Berlinale na pas été avare. Alors que l’Ours d’argent du meilleur réalisateur est revenu à Patrice Chéreau, l’Ours d’or en 2001 pour Intimité, pour Son frère, l’Ours d’argent de la meilleure actrice est attribué aux trois actrices (Nicole Kidman, Meryl Streep et Julianne Moore) pour leurs formidables prestations dans The Hours du Britannique Stephen Daldry et l’Ours d’argent du meilleur acteur est revenu à l’acteur américain Sam Rockwell pour son rôle dans Confessions of a dangerous mind de l’Américain George Clooney. Le cinéma allemand, qui a profité de cette édition pour démontrer sa vitalité, est reparti avec une belle distinction : le prix Blue Angel du meilleur film européen pour Good Bye, Lenin, de Wolfgang Becker.
Enfin l’Afrique n’est pas en reste de cette avalanche de prix : Madame Brouette du Sénégalais Moussa Sene Absa, l’unique film africain en compétition, a sauvé l’honneur du continent en arrachant l’Ours d’argent de la meilleure musique.
T. H.
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