Une association pour briser l’isolement.
C’est de ce manque flagrant, ainsi que de ce besoin urgent de briser l’isolement et de s’abreuver directement de la source d’informations qu’est née l’Association des Kabyles de Suisse (AKS).
Les Algériens de Suisse forment la moins organisée des communautés algériennes à l’étranger.
Le petit nombre de résidents, les différences linguistiques et culturelles du pays, la diversification des lois, la cherté des transports sont, entre autres, les causes de ce manque de coordination. Par corollaire, cette communauté suit, impuissante, les tragiques évènements qui secouent le pays, notamment en Kabylie, souvent individuellement et dramatiquement.
Contrairement aux autres Algériens résidant dans d’autres pays, comme la France ou le Canada, qui trouvent dans les diverses manifestations culturelles et démonstrations de rue, organisées sporadiquement, un exutoire, ceux vivant en Suisse se retrouvent souvent la proie facile de la surenchère ou du black-out médiatiques.
C’est de ce manque flagrant, ainsi que de ce besoin urgent de briser l’isolement et de s’abreuver directement de la source d’informations qu’est née l’Association des Kabyles de Suisse (AKS) qui, selon son président, Salah Ouadahi, ex-journaliste de la Chaîne III, affiche comme ambition de réunir toutes les personnes résidant en Suisse et partageant la même vision de l’Algérie : une Algérie libre, égalitaire et démocratique.
Contrairement à ce que peut suggérer sa dénomination, l’AKS ne pratique aucune exclusion. L’article 6 de ses statuts stipule que l’AKS “admet toute personne sans discrimination aucune, à condition de respecter ses objectifs.” Ce rassemblement ne manquerait pas de peser lourdement sur l’avenir de l’Algérie, en particulier de la Kabylie. Comme première action, l’AKS a commémoré, en juin passé, l’assassinat de Matoub Lounès que les membres vénèrent pour son verbe acide, sa franchise, son amour du pays et, surtout, pour son rêve de rassembler tous les Berbères.
Il est vrai que ce premier événement n’a pas drainé beaucoup de monde, mais cela s’explique par le fait que l’association n’était pas bien connue. Pour rappel, il existe deux associations berbères en Suisse : une à Genève et une autre à Lausanne. Mais elles sont très discrètes, pour ne pas dire effacées. Lors de la soirée de Yennayer, les présents ont mis beaucoup d’espoir dans cette nouvelle association.
Cependant, les membres doivent déjouer le piège qui guette ce genre d’organisation, à savoir se limiter à montrer une image folklorique du pays que certains médias occidentaux présentent comme de beaux éléments décoratifs. Ceci dit, des actions effectives, aussi bien pour améliorer la situation des Algériens en Suisse que pour aider, un tant soit peu, l’Algérie, et en particulier la Kabylie, doivent suivre.
L’AKS devient membre du FEEL
L’AKS vient d’être élue comme membre de plein droit au Forum des étrangers et des étrangères de Lausanne, né le lundi 20 janvier. Ce FEEL, né dans la Cité olympique contenant 37% d’étrangers en provenance de 157 pays, est composé d’associations d’étrangers (membres collectifs) disposant du droit de vote, de membres collectifs, individuels et d’honneur avec voix consultative. Cette nouvelle structure, au sein de laquelle l’AKS siège, a pour buts essentiels la promotion de l’égalité politique, sociale et culturelle entre les nationaux et étrangers, d’identifier, de résoudre et de relayer aux instances adéquates les problèmes faisant obstacle
à une égalité de traitement des étrangers.
T. H.
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