FADJR FILM FESTIVAL.
Plus de 150 films étaient au programme de cette 31e édition. Quelque 200 invités d Algérie, du Maroc, des USA, de France, de Suisse, de Russie, de Chine et de tant d autres pays sont venus imposer une mosaïque culturelle qui tranche, aux yeux des Iraniens, avec le paysage habituel.
Les USA s’apprêtent à signer un accord historique sur le nucléaire avec l’Iran qui vit sous embargo depuis plus de 10 ans. La société iranienne suit les négociations avec grand optimisme et prudence. Mais cela n’a rien changé à la vie quotidienne des habitants de Téhéran qui vivent, ces jours-ci, au rythme de la fête cinématographique. Cette dernière a eu comme point d orgue la participation du célèbre réalisateur iranien Abbas Kiarostami aux festivités. En effet, le 31e Fajr film festival se tient du 25 avril au 2 mai 2015. Plus de 150 films étaient au programme.
Quelque 200 invités d’Algérie, du Maroc, des USA, de France, de Suisse, de Russie, de Chine et de tant d’autres pays sont venus imposer une mosaïque culturelle qui tranche, aux yeux des Iraniens, avec le paysage habituel. Nous ne sommes pas habitués à voir autant d’étrangers nous rendre visite, nous déclare Azadeh, une étudiante en audiovisuel, qui suit le festival avec assiduité. Aussi, ce festival offre une occasion unique aux festivaliers, essentiellement des habitants de Téhéran, d’apprécier tant de films.
Au programme, des films de plus d’une vingtaine de nationalités, dont la Chine, la France, les USA et l’Algérie. On y trouve des noms célèbres comme Ken Loach l’Irlandais, le Français Alain Resnais, et le Turc Nuri Bilge Ceylan. Deux œuvres algériennes sont montrées dans le festival. Il s agit des films Deux hommes en ville et L’Oranais, respectivement de Rachid Bouchareb et de Lyès Salem. Au sujet de L’Oranais, Azadeh se montre impressionnée : Je ne savais pas que l’Algérie a fait autant de sacrifices pour arracher sa liberté. Et d’ajouter : Les images sont belles et ce genre de film est nouveau pour moi. Le festival a créé aussi des scènes de fièvre cocasse avec l’austérité apparente.
Des jeunes filles, tantôt avec un voile prétexte qui couvre une petite partie de la tête, tantôt avec un voile intégral qui ne laisse apparaître aucun cheveu, accourent avec passion pour saluer ou faire un selfie avec une star locale. Les plus férus du cinéma préfèrent aller s’abreuver des paroles de Abbas Kiarostami, palme d’or du Festival de Cannes en 1997, pour Le Goût de la cerise, qui a fait deux importantes apparitions. La première à l’occasion de la master class qu il a assurée lors du festival. La deuxième lors de la projection d’un film sur le déroulement du workshop qu il a donné avec Martine Scorsese au Festival de Marrakech en 2005. À cette occasion, il a déclaré : L’énergie et l’enthousiasme de ces étudiants font revivre en moi la joie de la jeunesse. La cérémonie de clôture durant laquelle les prix seront remis aux gagnants devait avoir lieu hier soir.
En attendant, les jeunes continuent à guetter l’apparition des stars pour solliciter des autographes, pendant que certains ne cachent guère leurs soucis par rapport aux négociations irano-américaines pouvant aboutir à la levée de l’embargo sur leur pays. À ce sujet, Azadeh nous tint à peu près ce langage : La levée de l’embargo est une bonne chose. Mais je crains que cela ne soit une porte ouverte aux prédateurs. Ainsi, pendant que les festivaliers sont pris dans la fièvre cinématographique, des citoyens ont les yeux rivés sur les profonds changements qui se profilent suite à la normalisation des relations entre les USA et l’Iran qui est en cours. À ce sujet, une diplomate venue de Suisse, pays qui représente jusque-là les intérêts américains en Iran, nous affirme : Nous avons compris que ce pays veut une évolution plutôt qu’une révolution.
T. H.
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