Pour cette édition qui se déroule jusqu’au 22 mai, tout le monde s’accorde à dire que l’ambiance festive du festival d’antan manque. Il y a moins de foule, d’excentricité et d’ambiance électrique. À la place, nous retrouvons des policiers et des militaires dans les rues et des agents de sécurité dans tous les coins du palais.
Le coup d’envoi de la 69e édition du Festival de Cannes a été donné mercredi dernier, et l’événement se poursuivra jusqu’au 22 mai. A cette occasion, des milliers de festivaliers sont venus voir quelques milliers de films qui sont programmés dans les diverses sections et dans le marché. Des centaines de boîtes de productions et de délégations de pays ont fait le déplacement pour promouvoir leurs œuvres. Mais c’est dans un climat un peu tristounet et de haute surveillance que les choses ont commencé.
En effet, tout le monde s’accorde à dire que l’ambiance festive du festival d’antan manque. Il y a moins de foule, d’excentricité et d’ambiance électrique. À la place, des policiers et des militaires dans les rues et des agents de sécurité dans tous les coins du palais. Ce qui alourdit nettement l’ambiance. Mais les festivaliers se sont déjà habitués à ce décor. Les optimistes misent sur le week-end prochain pour voir du monde arriver massivement et mettre le feu sur la Croisette. En attendant, Woody Allen occupe les esprits et les colonnes de journaux. D’une part, avec son film Café society, son quatorzième film à être présenté à Cannes en hors compétition, qui a été moyennement apprécié. D’autre part, surtout suite à la polémique générée par les propos de Laurent Lafitte, maître de la cérémonie d’ouverture, qui lui a lancé : “Ces dernières années, vous avez beaucoup tourné en Europe alors que vous n’êtes même pas condamné pour viol aux États-Unis”, allusion aux accusations d’agressions sexuelles proférées par sa fille adoptive Dylan Farrow.
Dans le registre des films, les compétitions ont commencé. Dans la section “Un certain regard”, l’Egyptien Mohamed Diab a ouvert le bal avec Eshtebak (Clash), qui se veut une œuvre ancrée dans une Égypte en proie à de la violence, et ce depuis le départ de Moubarek. À ce moment, l’Égypte retrouve une parole confisquée. Elle éclate à la faveur des chamboulements économiques et politiques. Les voix inaudibles se mettent à se faire entendre. Devant l’absence de règles, on frôle le chaos. Le scénario reprend et condense tous ces éléments pour donner forme à une histoire de 24 heures qui se déroule essentiellement dans un fourgon de police. Un huis clos angoissant. Les protagonistes sont représentatifs des courants politiques de la société égyptienne. En privilégiant l’unité du temps et de l’espace, misant sur une caméra de proximité et en épiçant le plat avec une dose d’humour, le réalisateur ajoute une dimension psychologique qui manque aux précédents films abordant la révolution égyptienne. Concernant ses chances dans la course, il ne faut pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué.
Du côté algérien, le stand géré par l’Agence algérienne du rayonnement culturel (Aarc), a commencé ses activités. Le faste des années passées n’est qu’un vague souvenir. L’heure est à l’austérité. Les déplacements de plusieurs invités au frais de l’AARC sont supprimés. Les réceptions aussi sont jugées superflues. Contrairement au Maroc, l’Algérie peine à mettre en place une stratégie attractive et convaincante à même d’attirer de grosses boîtes de productions à tourner en Algérie. Pourtant, le pays s’y prête merveilleusement bien.
Devant l’absence de prise en charge, les professionnels algériens ont compté sur leurs propres moyens. Il y a lieu de ne pas manquer ce rendez-vous incontournable. La presse nationale est aussi présente. Ainsi plusieurs Algériens sont arrivés dans la jungle cannoise où chacun essaie de trouver son bonheur. Un bonheur que l’Algérie a trouvé dans la sélection du court-métrage Kindil el bahr de Damien Ounouri sélectionné dans la Quinzaine des réalisateurs.
T. H.
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